Après avoir révolutionné le monde du catamaran habitable avec le Louisiane en 1983, enfoncé le clou avec le Casamance, le chantier Fountaine-Pajot frappe encore une fois très fort en présentant le Corneel 26 au Grand Pavois de 1985.
Le Corneel sera élu Bateau de l’année au salon nautique de 1986.
1986, c’est l’époque où s’ouvre le créneau du petit multicoque day boat/camping côtier. La même année la revue « Bateaux » lance un concours pour la création d’un multicoque de camping côtier de 6,50m à 80 000 francs maximum.
Avec le Corneel, conçu par Eric Bruneel (Neel 50 et 45) le chantier fait valoir de sérieux arguments pour investir ce segment.
Dessiné par le cabinet Joubert- Nivelt, ce catamaran de 8m se remarque par l’élégance de ses coques toutes en rondeurs surmontées de roofs à l’allure de cockpit de Spitfire (l’avion, pas la voiture). Un look d’enfer typé cata de sport, avec un petit côté Formule 40 Irens.
Son programme : « fast is fun ».
Se faire plaisir en allant vite, voire très vite sur l’eau sans se faire peur.
La recette ? Deux coques fuselées (coeff. de finesse : 8.558), aux carènes de sections semi elliptiques, avec un plancher rigide entre les deux poutres et un trampoline en avant du mât.
Le plan de voilure est simple : gréement 7/8ème autoporté, solent à ris, grand voile sans bôme.
Le Corneel se décline en deux versions :
- Standard : mât de 10m, 34m² de voilure au près pour 800kg lège, avec une petite nacelle en option love.
- « S » : mât profilé tournant rallongé à 12m et 44m² de voilure au près, débutants s’abstenir le coefficient de raideur à la toile passe de 12,21 à 9,91. On ne peut pas tout avoir.
Un peu moins performant que son concurrent direct le KL 28, véritable bête de course, le Corneel compense par la polyvalence de son programme. D’ailleurs, la concurrence ne s’y trompe pas et sort rapidement une version « espace » plus cool, sans dérives, et au cockpit « en dur » protégé par un pare brise.
En 1987, les safrans deviennent suspendus améliorant le pilotage. Les filières inclinées très confortables mais un peu légères sont redressées, mais la position du barreur devient moi agréables.
Pour donner une idée des performances, voici quelques chiffres relevées dans les essais effectués par des revues nautiques.
- Corneel 26 S
- (Coeff. de propulsion : 7,210)
- (Voiles et voiliers N°175) :
- Au bon plein par 12 / 15 nds : 10 nœuds de vitesse
- Au bon plein par 25 nds : 21 nœuds
- Au vent arrière par 12 / 15 nds : 10 nœuds
- Au vent arrière par 25 nds : 17 nœuds
- Corneel 26 standard
- (Coeff. de propulsion : 6,522)
- (Essai Multicoques Magasine)
- 20 nds de vent
- 45° GV+Solent : 7,5 nds
- 70° GV+Solent : 11,8 nds
- 90° GV+Solent : 16 nds
- 110° GV+Solent : 14 nds
- 130° GV+Spi asy : 20 nds
- 180° GV+Spi asy : 12,5 nds
On voit que même en version standard, le Corneel 26 à de quoi faire parler la poudre.
Les commentaires des utilisateurs, essayeurs ou propriétaires, rendent hommage à la vivacité, aux performances du bateau, et au plaisir qu’elles procurent. Certains mettent en garde sur la griserie de la haute vitesse et les limites d’un petit multicoque dans la mer formée. Le bateau n’ayant aucune inertie, il faut le garder toilé pour avoir la puissance nécessaire pour passer les vagues. C’est là que ça peut devenir très chaud. Sur un forum, un propriétaire disait avoir enfourné jusqu’au pied de mât. Un autre en 26S dit simplement serrer un peu les fesses et garder l’écoute à la main. Il reste que quelques Corneel 26 ont cabanés, sans avoir pour cela besoin du gréement S.
Les aménagements de série sont succincts, 1,45m de hauteur sous barrots, deux couchettes simples dans chaque coque. Un banc cuisine avec réchaud suspendu et bac plastique et une planchette table à carte, espace de rangement sous les couchettes et à l’avant des coques, une manche à air pour l’aération. Le grand capot coulissant en plexi et deux hublots donnent une bonne aération naturelle.
Les 70 cm de tirant d’eau donnent accès à des mouillages inaccessibles beaucoup de bateaux.
La grande tente de cockpit sur arceau prévue par le chantier pour le mouillage couvre les descentes et fournit un espace abrité agréable et spacieux.
Je trouve que la nacelle de la version love n’apporte pas grand-chose, peu esthétique, elle ne protège pas non plus des embruns. Ses dimensions intérieures sont trop minimalistes pour en faire un carré transformable véritablement utilisable en navigation.
J’ai effectué plusieurs croisières côtières en méditerranée à l’époque où on trouvait ce bateau en location. Au départ, j’avais une bonne pratique de la voile mais pas d’expérience en cata de sport.
Les premières fois que le Corneel lève une patte c’est assez impressionnant. Après on s’aperçoit que le bateau est assez stable dans cette position, et on recherche le surplus de vitesse dû à la diminution de surface mouillée. Par contre, la surface mouillée de l’équipage augmente en proportion et même en méditerranée la veste de ciré n’est pas un luxe.
Mais, c’est vite l’addiction. On commence en gardant gardant l’écoute de GV débloquée à la main, après on apprend à jouer d’abord du chariot. Les accélérations sont époustouflantes, et on prend vite l’habitude de vitesses à deux chiffres.
Après, tout est dans le dosage du rapport euphorie/vigilance pour que l’adrénaline reste côté plaisir. Durant ces navigations, je n’ai pas eu de vent supérieur à 30nds apparents, et dans ces conditions la situation se gère encore bien en étant attentif à l’enfoncement du flotteur sous le vent.
J’ai le souvenir d’une traversée ventée particulièrement euphorique de Port Cros à Porquerolles en allant virer devant La Londe à 18nds de moyenne. Complètement trempés et absolument subjugués par cette navigation la patte en l’air.
On l’aura compris, il me reste une grande nostalgie de ce bateau plaisir, trop tôt disparu du catalogue.
J’aimerais retrouver ces sensations et je suis à la recherche un Corneel 26.
Mais l’oiseau rare est bien difficile à dénicher.
Si vous connaissez un Corneel 26 à vendre contactez-moi, vous ferez un heureux.
Jean-Claude MOGENET.
catamaranneliou[at]yahoo.fr



13 mars 2012 à 21 h 55 min
Neliou,
Merci pour ce superbe article. Il est complet, passionnant et permet vraiment de découvrir ce bateau. Plus qu’une envie, faire un tour de Corneel 26 et t’en trouver un
.
Thomas.
14 mars 2012 à 0 h 01 min
Peut-être des pistes ? Tu auras surement déjà vu tout ça :
- http://www.marche.fr/petite_annonce_nautisme-occasion-achat-vente-catamarans-catamaran-corneel-26-love-ref42449571.html
- http://www.bateauxentreparticuliers.com/fr/bateau/corneel+26-fountaine+pajot+(fr)-multicoques/3896.htm
Thomas.
15 mars 2012 à 9 h 46 min
Bonjour.
Est-ce que les proprios de Corneel ont des expériences de leur bateau à l’échouage 2 fois par jour? Le mode de construction des coques résiste t-il bien à ce traitement?
Tribal, en pleine réflexion avant un possible achat
15 mars 2012 à 16 h 01 min
Comme je ne l’ai utilisé que en Méditerranée, je n’ai pas expérimenté cette possibilité.
Les articles que je possède mentionnent le petit tirant d’eau mais ne font pas référence à la possibilité d’échouage. Le chantier ne paraît donc pas avoir argumenté sur cet aspect. Je ne retrouve pas l’exemplaire, mais autant que je me souvienne un article mentionnant l’avis de propriétaires dans la revue « Bateaux » n’évoquait pas cet aspect de l’utilisation du Corneel. Il était surtout question des performances du bateau.
La pratique régulière (intensive dans ton cas) de l’échouage ne semble pas avoir été très présent dans le cahier des charges.
Je ne peux pas en dire plus.
15 mars 2012 à 18 h 28 min
@Tribal, ta question a été posée sur la page facebook et le compte Twitter lié à Multiblog.
Apparemment il n’y a pas grand monde de concerné. Mais on ne sait jamais. Si j’ai une réponse, je manquerai pas de venir l’ajouter ici.
16 mars 2012 à 10 h 42 min
Merci Thomas. Je patiente :+)
20 mars 2012 à 14 h 00 min
@Tribal, désolé pas de nouvelles d’éventuels propriétaires de ce bateau pour répondre à ta question …
25 avril 2012 à 17 h 45 min
Au fait, même ss réponse concernant la résistance l’échouage 2 fois par jour, j’ai qd même craqué et serai l’heureux proprio d’un 26S le 7 mai.
L’accès au fond est tel qu’il me sera facile de contrôler le travail – s’il y a travail – des demi-coques.
26 avril 2012 à 10 h 05 min
Cool bonne nouvelle et félicitations alors
8 juillet 2012 à 15 h 37 min
J’ai acheté un 26S il y a quelques année; l’ancien propriétaire avait vissé un rail inox en forme de U sous l’arête des ailerons, résiné dessus et fini par une couche d’antifouling. Le bateau se posait 2 fois par jour en Bretagne sur sable et cailloux.
Résultat nickel. Je m’échoue moi-même de temps en temps sur du sable. Un antifouling tous les 3 ou 4 ans (matrice dure) et c’est reparti. Avec la vitesse, les algues n’ont pas le temps de s’installer et encore moins les moules!
Mon rêve serait de trouver une remorque de route.
J’espère que ce commentaire sera utile
Cordialement
Arnaud
8 juillet 2012 à 17 h 30 min
Bonjour Arnaud, merci pour ce commentaire qui est évidemment utile pour tous les amoureux de ce catamaran qui passeront par ici.
9 juillet 2012 à 9 h 46 min
Arnaud, merci pour l’info!
Je suis en train de checker le bateau; il n’était pas super entretenu alors il y a 2/3 bricoles à faire; avant sa mise à l’eau dans 2 semaines, je dois encore tester les voiles et je me pose qq questions sur le plan de pont. Je ne manquerai pas de te solliciter à ce propos.
Amicalement,
Patrick
18 septembre 2012 à 10 h 29 min
Petit retour d’expérience et donc quelques questions à ceux qui ont, ou qui ont eu un Corneel26 :
Les qq nuits à bord ont été pénibles : les plexi des coques grincent horriblement et du fait de la houle, pourtant faible, agissant sur la structure, ils s’ouvrent lentement mais irrémédiablement… Sous le petit crachin normand, c’est assez pénible. Bref, plutôt que le bruissement du flot le long des coques, c’est couinement, craquement, frottement et au final nuit blanche. Même expérience pour vous? Quelles solutions? Un joint caoutchouc entre la(les) plateforme(s) et les flotteurs? Idem pour les plexis coulissants?
Sinon bon bateau, assez bon marcheur. Encore des difficultés à correctement régler la GV et son creux, à mon avis trop reculé; la bôme me manque :+)
Merci d’avance pour le partage d’expérience.
27 décembre 2012 à 11 h 40 min
Bonjour,
je suis propriétaire d’un corneel standard, le numéro 3 de la série. Cela fait 8 ans.
Pas de problème de grincement des plexis. Mais en navigation il ont tendance a s’ouvrir quand il y a des crreux.
I lexiste un frottement en les coques et la plateforme. L’usure à fait qu’il n’y a pas de grincement n’y au mouillage n’y en navigation, sur le mien. (poinçonnement et usure du plastique des coques sur le mien)
Un joint en caoutchouc entre la plate forme et les coques supprimerait surement les bruits. Il faut démonter la plateforme qui est en 2 parties pas particulièrement légère. A savoir si le joint résistera en navigation. Car nos petites bombes de vitesse en tendance a se déformer énormément.
Suite à un vrai problème de structure du bras avant. J’ai décidé de tout refaire plus sérieusement. Je refais les porques dans les coques au niveau du bras avant. Les anciens etaient bcps trop petit et pourri. Au près j’avais peur.
J’ai une bôme, pas de pb de creux de GV.
M.BROCHARD
06 42 02 89 65
PS: Je naviguerai fin aout prochain entre ré et la bretagne sud. Je ne me suis jamais confronté a des siters ship. Si ca vous dit?
23 janvier 2013 à 11 h 20 min
Je vais donc tenter les joints caoutchouc entre plate-formes et flotteurs; ou bien des cales en Téfelon, plus résistant ss doute.
Pour moi, le Corneel, c’est la croisière pépère!).
Et merci pour l’info, car je vais vérifier sans faute l’état des porques !
En effet, au près dans la brise, on sent travailler la structure. Donc un minimum de surveillance s’impose (Petite bombe de vitesse? J’ai également un tri d’1m de moins à la flottaison; il va beaucoup plus vite
Quant à la bôme, au plutôt absence de bôme, je vais y réfléchir et sans doute y remédier pour 2014, changement programmé de la GV.
Pour cette année, un nouveau foc et le remplacement de la « niche à chien » actuelle par qq chose de plus léger, confortable et esthétique; en tout cas c’est l’objectif
PS : Ma zone de naviguation, c’est plutôt Manche Ouest et Bretagne Nord. Désolé
21 février 2013 à 12 h 43 min
Bonjour à Tous
Toujours à la recherche d’un corneel pas cher, même avec travaux (celui de noirmoutier tjs abandonné (tribal))
Si ql un a des infos sur un cata pas cher