Chose promise, chose due ! Vous allez enfin avoir droit aux confidences de Lalou Roucayrol.
Au risque de me répéter, c’est donc mercredi midi que Lalou a accepté de passer du temps avec moi dans le centre de Bordeaux.
Nous avons déjeuné dans une petite brasserie en échangeant sur différentes choses. Toutes ces choses tournaient toutes plus ou moins autour de la voile, n’oublions tout de même pas notre passion commune !
Avec Lalou, on est tout de suite à l’aise. Ayant bien compris que je débutais dans l’interview, il a su prendre les choses en main en me racontant ses aventures et mésaventures au sein du team Banque Populaire où il s’est fait remplacer par Pascal Bidégory. Cela dit en passant, ce dernier est actuellement en standby pour le trophée Jules Verne.
La discussion s’est donc mise en place naturellement. Elle a tourné autour des différents chavirages du skipper médocain, la difficulté de trouver un sponsor pour un skipper pro, le web et le nautisme, etc.
Une fois rassasiés, nous nous sommes rendus en face de la place de la bourse (le fameux miroir d’eau à Bordeaux) et Lalou a raconté d’une façon aussi passionnante qu’instructive ses aventures.
- La route du Rhum et sa magnifique deuxième place
- Le convoyage retour et le chavirage
- La suite avec de nouveaux projets, notamment la création d’une team à Port-Médoc et un centre de formation pour jeunes skippers
En résumé, ce fut une rencontre passionnante et instructive qui je l’espère est la première d’une longue série.
Crédit photos de la vidéo :
- Les photos de Région Aquitaine Port-Médoc proviennent de la page facebook du trimaran
- Crêpes Whaou et Actual : les photos sont tirées des sites officiels respectifs
- La vidéo provient du site officiel de la route du Rhum
- Le trimaran retourné : les photos appartiennent au cargo « La Scala«
28 décembre 2010 à 10 h 35 min
Merci pour ce témoignage très intéressant de LR.
En tant que multicoquiste je suis particulièrement attentif au réçit du chavirage, des circonstances ou il faut évidemment rester humble car la vitesse à laquelle cela arrive est toujours foudroyante.
Ce genre de réçit, surtout aussi précis, est assez rare. Certains spécialistes disent que choquer est efficace en deça d’une certaine limite de survente, sans avoir à trop abattre, mais qu’au delà, cumulé à l’abattée qui est l’autre moyen d’encaisser une survente, la surface offerte au vent devient vraiment trop fort, ce qui offre un couple qui précipite le planté… Donc que choquer en grand n’est pas forcément le premier reflex idéal à appliquer en toutes circonstances??
J’imagine bien sur que le barreur en spécialiste a ici fait ce qu’il a pû au maximum de la configuration et des conditions du moment; cependant pour que dans des cas moins violent ce témoignage serve aussi notre communauté je profite du récit de cette fortune de mer pour ouvrir quelques échanges sur ce sujet, s’il y a quelques volontaires…
Bien amicalement
stéphane
28 décembre 2010 à 11 h 37 min
Bravo, jolie video et interview très instructif
28 décembre 2010 à 11 h 44 min
@stéphan F
Merci pour le commentaire, c’est une bonne idée de lancer un échange sur ce sujet.
C’est vrai que différentes choses se disent et il pourrait être intéressant d’avoir les avis de chacun
@npldr
Merci pour les encouragements.
J’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser cette vidéo et je suis heureux de pouvoir le partager.
28 décembre 2010 à 12 h 16 min
Merci Thomas pour ta réponse, et bravo bien sur pour le document!
Dans les différentes interviews livrées sur le site de la route du rhum il y en a une ou Cammas évoque les grains qui montent à plus de 50nds je crois, et la façon dont il les passe en abattant si je me souviens bien. Il évoque son angoisse de voir jusqu’ou la vitesse du vent va monter dans la config de GV ou il est, sachant trés bien que sa plateforme encaissera jusqu’à une certaine limite…
Pour nos multi plus petits, la limite de l’abattée est la taille des vagues je pense, et le risque est de planter prématurément en bas d’un creux (moins problématique pour Groupama!).
Entre choquer et abattre tout est question de circonstances, donc de sens marin sans doutes.
Le pire je trouve est ce qui est arrivé en course à E Giroire sur ATNinc qui hélas ne pouvait être à la barre pour réagir.
Stéphane
28 décembre 2010 à 13 h 02 min
Pour répondre à la question de Stéphane, notre pratique du cata de sport (F18) et du trimaran « sportif » (SeaCart 30) nous conduit à penser qu’effectivement au portant la grandvoile constitue un dangereux levier vers l’avant qui devient incontrôlable si le vent monte. S’agissant du portant il est clair que le fait de choquer augmente la surface offerte au vent, surtout parce que l’angle du vent apparent change par le fait du planté.
Au portant en cata de sport il est recommandé de ne pas toucher au réglage GV voir de border lors d’un planté.
En trimaran on préfère réduire la GV et porter un genak faisant office de fusible car le fait de choquer en grand annule instantanément la puissance (attention quand même au mat!)
Les vidéos des extremes 40 sont assez instructives, comme http://www.youtube.com/watch?v=iyjGYJoG0wQ&feature=related
Mayeul
28 décembre 2010 à 19 h 59 min
Voilà qui conforte mon propos et le complète efficacement, merci Mayeul. Je retiens l’astuce de la fin!
En multi le stress augmente en même temps que le vent et l’état de la mer. Desjoyaux disait à son retour du VG que son expérience en 60′ ORMA l’avait encouragé à pousser le curseur plus loin en IMOCA, car le stress y est moindre (en + le départ au tas y est rarement définitif, mat à part en effet!) Son dernier bébé a + de volume à l’avant d’ailleurs.
Les Xtremes 40 cumulent entrée d’eau fine avec peu de volume avant, GV immense et poids plume, on voit bien c’est vrai qu’ils ne choquent surtout pas (il me semble les entendre prier à bord, et même les voir un peu serrer les fesses pour retomber du bon côté non?) Ca leur arrive plus souvent qu’ils ne chavirent, c’est réconfortant.
Réduire la GV lorsque le vent monte reste une manoeuvre particulièrement exigeante en navigation je trouve. Si Mayeul ou d’autres ont des tuyaux sur le sujet, ou erreurs à ne pas commettre, ça peut être un bon complément…
29 décembre 2010 à 14 h 28 min
Bonjour Stéphan,
Effectivement, réduire la GV au portant est quelque chose de compliqué. Si on veut se mettre vent debout pour prendre ses ris, dès qu’on remonte le bateau accélère furieusement …
Lors d’un convoyage sur un Trifosix 34, au large du Portugal ou nous étions au portant et le vent variait entre 20 et 35 Nds, nous prenions les ris plein vent arrière.
Dans ce cas, il vaut mieux avoir des charriots de GV sur un rail pour que ça descende bien. Et nous laissions la GV bordée pour prendre le moins de vent possible.
Ce n’est certainement pas la meilleure solution, mais c’était celle qui faisait le moins peur
La difficulté est là : il faut réduire le plus tard possible pour aller vite, mais lorsque le vent monte, plus on attend et plus c’est risqué !
D’autres avis et conseils seraient les bienvenus.
à bientôt,
Thomas.
29 décembre 2010 à 17 h 56 min
Pour revenir sur le problème de border ou choquer la grand voile, il est vrai que les premières fois ou j’ai entendu cette théorie de ne pas choquer la Gv dans les plantés, je ne comprenais vraiment pas.
Après réflexion, je me dis que cela concerne surtout les bateaux vraiment rapides (ce qui n’est pas forcement le cas de la plupart de nos multis de croisière) qui naviguent grand largue avec une gv bordée presque à plat (comme sur un char à voile).
En effet quand ces bateaux s’arrêtent brutalement, et si on arrive à les tenir le plus près possible du vent arrière, alors, la Gv bordée ne capte presque plus de vent, et le fait de la choquer lui redonnerait sa puissance.
Mais par contre il doit bien y avoir un seuil, le bateau plus lofé, à apprécier, ou il est plus judicieux de choquer la GV en grand, même sur les bateaux rapides.
29 décembre 2010 à 22 h 32 min
Salut Thomas, salut Yves,
oui les charriots c’est bien il parait, à défaut on peut évidemment recommander une bonne bombe de silicones pour faciliter la glisse des coulisseaux… En fait le soucis est qu’il faut ralentir un peu, donc on choque; mais + la GV a d’angle plus ça pousse mal, en biais, et + ça frotte surtout… alors on reborde un poile et on ré-accélère … etc… J’essaierai le plein vent arrière bien bordé, avec la balancine bien tendue pour soulager un poil, bonne idée. C’est décidément l’idée conductrice du moment, le bordé !
Comme j’aime bien le solitaire j’appréhende toujours particulièrement cette manoeuvre, pilote fiable et anticipation indispensables pour éviter les frayeurs!
Pour donner suite au propos d’Yves je pense qu’en allure + lofé tu prends du vent apparent qui tu pousse plutôt à lever le flotteur au vent (stabilité latérale), donc choquer est valable bien sur. Tant que la stabilité longitudinale n’est pas menacée en fait. Si ça monte brutalement de plusieurs forces comme dans le cas de Lalou Roucayrol, elle peut l’être à un moment. En fait il faut pouvoir estimer si les circonstances risquent de mener à un planté, état de la mer ou très forte montée du vent, pour choisir et doser entre le simple choqué (le + fréquent), à l’abatée progressive. Je crois que quel que soit le bateau Mayeul a raison, c’est la situation de beaucoup de toile haute et offerte de face à un vent fort, bateau arrêté, qu’il faut éviter. Il est certain que + le bateau est lourd, avec des flotteurs volumineux, une GV raisonnable etc…, moins on risque le planté, donc choquer va généralement suffire sur un multi de croisière. Encore que la vitesse élevée d’un multi de course se soustrait à la vitesse du vent, et qu’il a moins de trainée, ceci compensant peut être cela…??
Si j’ai bien compris Lalou Roucayrol était à l’intérieur quand il a donné la consigne de choquer, il faisait nuit personne n’a rien vu venir, je suis sur qu’en d’autres circonstances ils auraient senti qu’il se tramait un truc rare et foireux à gérer moins traditionnellement (SGDG*).
…
Les amis j’ai envoyé quelques photos et infos de mon cata à Mayeul il y a peu (gabarit proche du Triforsix 34 de Thomas) en guise de prise de contact pour la prochaine Tripattes à laquelle j’espère participer l’an prochain, ravi de vous connaître et d’avoir découvert votre site.
A bientôt pour d’autres échanges
Stéphane
*Sans Garantie Du Gouvernement (hélas)
29 décembre 2010 à 22 h 39 min
…au fait! je viens de voir que le site viens d’ouvrir…
tripatte.fr
C’était annoncé, c’est fait!
Bravo et merci
30 décembre 2010 à 9 h 29 min
Merci à toi pour tes commentaires instructifs.
Concernant le site de la Tripatte, on peut s’inscrire pour le rassemblement dès maintenant, il y a déjà deux bateaux d’inscrits. http://tripatte.fr/les-inscrits
Vous pouvez également voir les photos prises à bord du Triforsix 34 pour les éditions 2009 et 2010
http://tripatte.fr/photos/bord-desperanza-le-triforsix-34
http://tripatte.fr/photos/esperanza-le-triforsix-34